La chemise orange et la Journée de la vérité et de la réconciliation
- dianamachakhova
- 1 oct. 2025
- 3 min de lecture
Le 30 septembre, les Canadiens s’arrêtent pour réfléchir à l’un des chapitres les plus douloureux de notre histoire : celui des pensionnats pour Autochtones. Cette journée rend hommage aux enfants qui y ont été envoyés de force - à ceux qui ont survécu et à ceux qui ne sont jamais revenus. C’est une journée de mémoire, de vérité et de responsabilité.
Pendant plus d’un siècle - de la fin des années 1800 jusqu’aux années 1990 - plus de 150 000 enfants autochtones des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont été retirés de leurs familles pour être placés dans ces écoles. Le but était l’assimilation : interdire les langues, les traditions et les pratiques spirituelles. Derrière ces murs, de nombreux enfants ont vécu violence, abus, isolement et perte profonde. Plusieurs y ont laissé leur vie. Les séquelles de ce système se ressentent encore aujourd’hui à travers les générations : dans la santé, l’éducation, le bien-être et la confiance envers les institutions.
Entre 2008 et 2015, la Commission de vérité et réconciliation (CVR) a recueilli des milliers de témoignages de survivants. Son rapport final a présenté 94 appels à l’action - une feuille de route pour les gouvernements, les institutions et l’ensemble de la société canadienne afin de réparer les torts et bâtir un avenir plus juste.
Pourquoi la chemise orange?
Le 30 septembre est aussi connu comme la Journée du chandail orange. Cette commémoration est née de l’histoire de Phyllis Webstad, une jeune fille qui portait avec fierté un chandail orange flambant neuf pour son premier jour au pensionnat. On le lui a retiré immédiatement - un geste qui lui a transmis un message brutal : son identité et ses choix ne comptaient pas.
Aujourd’hui, la chemise orange est devenue un symbole fort. Elle rappelle que Chaque enfant compte - que la culture, la dignité et l’avenir de chaque enfant méritent respect et protection. Le choix de la date n’est pas anodin : c’est à la fin de septembre que de nombreux enfants étaient arrachés à leurs foyers après l’été passé en famille.
Que signifie la réconciliation?
La réconciliation n’est pas un simple jour férié, mais un processus continu :
Pour chacun de nous : apprendre, écouter, respecter et poser des gestes quotidiens qui soutiennent la justice.
Comment participer?
Porter du orange et expliquer son sens : Chaque enfant compte n’est pas qu’un slogan, mais une conviction.
Découvrir les 94 appels à l’action de la CVR et en mettre quelques-uns en pratique dans votre école, votre milieu de travail ou votre communauté.
Assister à des événements : cérémonies de mémoire, ateliers, expositions, témoignages de survivants.
Soutenir les organisations et entreprises autochtones : par des dons, du bénévolat ou en visitant leurs commerces.
Lire et visionner : 21 choses que vous ignorez peut-être sur la Loi sur les Indiens (Bob Joseph), Seven Fallen Feathers (Tanya Talaga), Indian Horse (Richard Wagamese), ou des films comme Nous étions enfants et Indian Horse.
Parler avec vos enfants : expliquer ce qui s’est passé, souligner l’importance de la langue, de la famille et de la culture, et trouver ensemble une façon de rendre hommage (dessiner une chemise orange, écrire un message de soutien).
La Journée de la vérité et de la réconciliation n’est pas là pour effacer ou déplacer la responsabilité, mais pour regarder la vérité en face et agir afin de construire, pas à pas, un avenir commun plus juste.
Chaque enfant compte. Toujours.

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